{"id":6103,"date":"2025-09-05T09:41:03","date_gmt":"2025-09-05T07:41:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.turismehostalric.cat\/lexercit-marxa-sobre-el-seu-estomac\/"},"modified":"2025-12-20T11:42:54","modified_gmt":"2025-12-20T10:42:54","slug":"lexercit-marxa-sobre-el-seu-estomac","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.turismehostalric.cat\/fr\/lexercit-marxa-sobre-el-seu-estomac\/","title":{"rendered":"La cuisine du soldat"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\"><\/p>\n\n<p><em>&lsquo;L&rsquo;arm\u00e9e marche sur son estomac\u00a0\u00bb<\/em>\u00ab\u00a0. Cette phrase, souvent attribu\u00e9e \u00e0 Napol\u00e9on, est tout \u00e0 fait juste : nourrir les troupes est l&rsquo;un des besoins fondamentaux de toute arm\u00e9e. <\/p>\n\n<p>En 1810, les soldats espagnols avaient droit \u00e0 une ration quotidienne de \u00ab pain de munitions \u00bb, mais devaient payer le reste de leur nourriture avec une partie de leur solde \u2013 environ 2 euros par jour aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;approvisionnement en farine \u00e9tait donc la principale pr\u00e9occupation des intendants. Selon le Manuel de l&rsquo;intendance de Tom\u00e1s Gonz\u00e1lez Carvajal, datant de 1809, le pain devait \u00eatre de qualit\u00e9 moyenne, bien cuit et nutritif. Les manuels des intendants espagnol et fran\u00e7ais accordent une grande importance au contr\u00f4le de la qualit\u00e9 du pain. La production \u00e9tait assur\u00e9e dans les casernes elles-m\u00eames ou dans les villes travers\u00e9es par l&rsquo;arm\u00e9e.   <\/p>\n\n<p>En cas de p\u00e9nurie, l&rsquo;auteur du manuel recommandait de le remplacer par des biscuits. Ce type d&rsquo;aliment \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 avec de l&rsquo;eau, de la farine et du sel, sans levure, et cuit deux fois afin d&rsquo;\u00e9liminer compl\u00e8tement l&rsquo;humidit\u00e9 et de permettre une longue conservation. Cette double cuisson est \u00e0 l&rsquo;origine du mot \u00ab biscuit \u00bb, qui signifie cuit deux fois. La plupart des arm\u00e9es utilisaient ce substitut de pain, aussi bien \u00e0 terre que dans la marine.   <\/p>\n\n<p>Le reste de la nourriture, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, devait \u00eatre achet\u00e9 ou obtenu par les soldats. Les marchands, les agriculteurs ou les villageois \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement autoris\u00e9s \u00e0 entrer dans les casernes pour vendre leurs denr\u00e9es.  L\u00e9gumes secs et l\u00e9gumes, pommes de terre et riz, et rarement viande ou lard, \u00e9taient cuisin\u00e9s en groupe. Selon Gonz\u00e1lez Carvajal, 60 g de lard et 120 g de \u00ab menestra \u00bb (l\u00e9gumineuses, riz, etc.) par personne permettent de pr\u00e9parer un rago\u00fbt \u00ab agr\u00e9able et consistant \u00bb.<\/p>\n\n<p>Ces aliments \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s collectivement par les escouades. S\u2019ils \u00e9taient en campagne ou n\u2019avaient pas d\u2019assiettes ni de bols, les soldats mangeaient tous dans la marmite \u2013 ce que les Fran\u00e7ais appellent \u00ab \u00e0 la gamelle \u00bb, suivant un ordre strict de se servir une cuiller\u00e9e de rago\u00fbt. <\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"650\" height=\"492\" src=\"https:\/\/www.turismehostalric.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-6904\" style=\"aspect-ratio:1.3211801695938006;width:457px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.turismehostalric.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-1.png 650w, https:\/\/www.turismehostalric.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-1-300x227.png 300w\" sizes=\"(max-width: 650px) 100vw, 650px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<p>L&rsquo;intendance devenait tr\u00e8s complexe en temps de guerre ou de campagne. Le transport de grandes quantit\u00e9s de vivres, pour les hommes comme pour les chevaux, \u00e9tait tr\u00e8s difficile et le ravitaillement devait se faire en grande partie sur le terrain. L&rsquo;intendant devait se renseigner \u00e0 l&rsquo;avance sur les possibilit\u00e9s offertes par les villes et villages travers\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e. Un traitement \u00e9quitable de la population, avec la prise en charge des d\u00e9penses n\u00e9cessaires, facilitait le s\u00e9jour des troupes.   <\/p>\n\n<p>Il \u00e9tait courant que les soldats soient log\u00e9s chez l&rsquo;habitant pendant la campagne. Dans ce cas, ils avaient le droit de demander: <\/p>\n\n<p><em>\u201cSolo cama, luz, agua, aceyte, vinagre, sal y asiento \u00e1 la lumbre.\u201d (Prontuario, pag. 9)<\/em><\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"567\" height=\"365\" src=\"https:\/\/www.turismehostalric.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-12.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6900\" style=\"aspect-ratio:1.5535148557239489;width:413px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.turismehostalric.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-12.jpeg 567w, https:\/\/www.turismehostalric.cat\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/image-12-300x193.jpeg 300w\" sizes=\"(max-width: 567px) 100vw, 567px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<p>En campagne, l&rsquo;alimentation du soldat \u00e9tait diff\u00e9rente. Il recevait ce qu&rsquo;on appelait \u00ab etapa \u00bb, comparable aux rations de combat distribu\u00e9es aujourd&rsquo;hui dans les arm\u00e9es. Si, dans d&rsquo;autres pays, cette ration comprenait autrefois de la viande et du vin, Gonz\u00e1lez Carvajal le d\u00e9conseille. Il soutient que la frugalit\u00e9 du soldat espagnol est l&rsquo;une de ses vertus et que l&rsquo;exc\u00e8s de vin n&rsquo;est pas non plus souhaitable. Il recommande donc de privil\u00e9gier le pain comme aliment de base, compl\u00e9t\u00e9 par des biscuits, du fromage et du brandy lors des marches forc\u00e9es ou des combats:   <\/p>\n\n<p><em>\u201cLas raciones son de \u00e1 quatro onzas en la galleta, de \u00e1 dos en el queso, y de \u00e1 dos en el aguardiente,&#8230;\u201d (Gonz\u00e1lez Carvajal, p\u00e0g. 42)<\/em><\/p>\n\n<p>Malgr\u00e9 la douleur, les soldats s&rsquo;effor\u00e7aient d\u2019 \u00ab enrichir \u00bb leur alimentation avec ce qu&rsquo;ils pouvaient trouver.<\/p>\n\n<p>Fait curieux, \u00e0 cette \u00e9poque, le gaspacho fut introduit comme mets de choix fourni par l&rsquo;arm\u00e9e. Il \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 essentiellement avec du pain et du vinaigre. <\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s une victoire, le g\u00e9n\u00e9ral les r\u00e9compensait avec de la viande et du vin, pay\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e. Les soldats pr\u00e9f\u00e9raient sans doute cela \u00e0 n&rsquo;importe quelle m\u00e9daille!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&lsquo;L&rsquo;arm\u00e9e marche sur son estomac\u00a0\u00bb\u00ab\u00a0. Cette phrase, souvent attribu\u00e9e \u00e0 Napol\u00e9on, est tout \u00e0 fait juste : nourrir les troupes est l&rsquo;un des besoins fondamentaux de toute arm\u00e9e. En 1810, les soldats espagnols avaient droit \u00e0 une ration quotidienne de \u00ab pain de munitions \u00bb, mais devaient payer le reste de leur nourriture avec une partie de leur solde \u2013 environ 2 euros par jour aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;approvisionnement en farine \u00e9tait donc la principale pr\u00e9occupation des intendants. Selon le Manuel de l&rsquo;intendance de Tom\u00e1s Gonz\u00e1lez Carvajal, datant de 1809, le pain devait \u00eatre de qualit\u00e9 moyenne, bien cuit et nutritif. Les manuels des intendants espagnol et fran\u00e7ais accordent une grande importance au contr\u00f4le de la qualit\u00e9 du pain. La production \u00e9tait assur\u00e9e dans les casernes elles-m\u00eames ou dans les villes travers\u00e9es par l&rsquo;arm\u00e9e. En cas de p\u00e9nurie, l&rsquo;auteur du manuel recommandait de le remplacer par des biscuits. Ce type d&rsquo;aliment \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 avec de l&rsquo;eau, de la farine et du sel, sans levure, et cuit deux fois afin d&rsquo;\u00e9liminer compl\u00e8tement l&rsquo;humidit\u00e9 et de permettre une longue conservation. Cette double cuisson est \u00e0 l&rsquo;origine du mot \u00ab biscuit \u00bb, qui signifie cuit deux fois. La plupart des arm\u00e9es utilisaient ce substitut de pain, aussi bien \u00e0 terre que dans la marine. Le reste de la nourriture, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, devait \u00eatre achet\u00e9 ou obtenu par les soldats. Les marchands, les agriculteurs ou les villageois \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement autoris\u00e9s \u00e0 entrer dans les casernes pour vendre leurs denr\u00e9es. L\u00e9gumes secs et l\u00e9gumes, pommes de terre et riz, et rarement viande ou lard, \u00e9taient cuisin\u00e9s en groupe. Selon Gonz\u00e1lez Carvajal, 60 g de lard et 120 g de \u00ab menestra \u00bb (l\u00e9gumineuses, riz, etc.) par personne permettent de pr\u00e9parer un rago\u00fbt \u00ab agr\u00e9able et consistant \u00bb. Ces aliments \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s collectivement par les escouades. S\u2019ils \u00e9taient en campagne ou n\u2019avaient pas d\u2019assiettes ni de bols, les soldats mangeaient tous dans la marmite \u2013 ce que les Fran\u00e7ais appellent \u00ab \u00e0 la gamelle \u00bb, suivant un ordre strict de se servir une cuiller\u00e9e de rago\u00fbt. L&rsquo;intendance devenait tr\u00e8s complexe en temps de guerre ou de campagne. Le transport de grandes quantit\u00e9s de vivres, pour les hommes comme pour les chevaux, \u00e9tait tr\u00e8s difficile et le ravitaillement devait se faire en grande partie sur le terrain. L&rsquo;intendant devait se renseigner \u00e0 l&rsquo;avance sur les possibilit\u00e9s offertes par les villes et villages travers\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e. Un traitement \u00e9quitable de la population, avec la prise en charge des d\u00e9penses n\u00e9cessaires, facilitait le s\u00e9jour des troupes. Il \u00e9tait courant que les soldats soient log\u00e9s chez l&rsquo;habitant pendant la campagne. Dans ce cas, ils avaient le droit de demander: \u201cSolo cama, luz, agua, aceyte, vinagre, sal y asiento \u00e1 la lumbre.\u201d (Prontuario, pag. 9) En campagne, l&rsquo;alimentation du soldat \u00e9tait diff\u00e9rente. Il recevait ce qu&rsquo;on appelait \u00ab etapa \u00bb, comparable aux rations de combat distribu\u00e9es aujourd&rsquo;hui dans les arm\u00e9es. Si, dans d&rsquo;autres pays, cette ration comprenait autrefois de la viande et du vin, Gonz\u00e1lez Carvajal le d\u00e9conseille. Il soutient que la frugalit\u00e9 du soldat espagnol est l&rsquo;une de ses vertus et que l&rsquo;exc\u00e8s de vin n&rsquo;est pas non plus souhaitable. Il recommande donc de privil\u00e9gier le pain comme aliment de base, compl\u00e9t\u00e9 par des biscuits, du fromage et du brandy lors des marches forc\u00e9es ou des combats: \u201cLas raciones son de \u00e1 quatro onzas en la galleta, de \u00e1 dos en el queso, y de \u00e1 dos en el aguardiente,&#8230;\u201d (Gonz\u00e1lez Carvajal, p\u00e0g. 42) Malgr\u00e9 la douleur, les soldats s&rsquo;effor\u00e7aient d\u2019 \u00ab enrichir \u00bb leur alimentation avec ce qu&rsquo;ils pouvaient trouver. Fait curieux, \u00e0 cette \u00e9poque, le gaspacho fut introduit comme mets de choix fourni par l&rsquo;arm\u00e9e. Il \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 essentiellement avec du pain et du vinaigre. Apr\u00e8s une victoire, le g\u00e9n\u00e9ral les r\u00e9compensait avec de la viande et du vin, pay\u00e9s par l&rsquo;arm\u00e9e. 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